La surface achetable par les emprunteurs a reculé entre -5 % et -9 % par rapport à 2010, telle est l'une des conclusions tirées par Empruntis.com dans sa dernière enquête relative au marché immobilier. Le courtier en ligne y dresse un état des lieux du marché de la pierre, avec des perspectives qui oscillent entre « attentisme » et « enlisement ».
Ainsi que l'avait déjà fait remarquer Empruntis.com dans ses précédents communiqués, les taux d'intérêt ont fortement remonté en un an avant de se stabiliser depuis quelques semaines, à un niveau qui reste avantageux pour les emprunteurs (+0.70 %, à 4.05 % pour la durée 15 ans). Le paradoxe, c'est que les taux longs - l'indice sur lesquels s'appuient les taux d'intérêt - se situent à un niveau relativement bas. Conclusion : « les banquiers reconstituent leur marge ».
La production bancaire montre des signes d'essoufflement. Elle pourrait avoir atteint son maximum après avoir bondi de 50 % en un an (plus de 170 milliards d'euros cumulés en juin 2011, contre 120 milliards un an plus tôt et 80 milliards d'euros en septembre 2009).
Les transactions sont revenues à un niveau normal (804 000 unités vendues sur douze mois en mars 2011), signe que « la crise de 2008-2009 est bien passée ».
Publiés par le ministère du Développement Durable, les chiffres relatifs au segment du neuf parlent d'eux-mêmes :
Le constat est limpide. Le marché ralentit et ce n'est pas le prochain « rabotage » de la loi Scellier qui va arranger les choses. Il apparaît donc clairement que « le salut du marché ne viendra pas d'une forte augmentation de logements neufs ».
La durée moyenne des prêts tend à se stabiliser autour de 20 ans (20,1 années au troisième trimestre 2011 ; 20,4 années au trimestre précédent). Il s'agit là d'une conséquence « de la politique des banquiers et de la prudence des particuliers ».
Empruntis.com a interrogé ses partenaires bancaires. La moitié d'entre d'eux vont durcir leurs conditions d'octroi, l'autre moitié « n'y touchera pas », et pour cause : ils sont aujourd'hui déjà très sélectifs.
Les éléments sur lesquels les banques se montreront exigeantes seront, non pas l'apport, mais plutôt le niveau d'endettement, la « stabilité d'emploi » et les « aspects comportementaux".
Pour ce qui est de l'évolution future des taux, les réponses des banquiers sont en revanche unanimes : « ils n'en savent rien... Ils restent très prudents et scrutent autant le marché des liquidités à court terme que la concurrence. La conservation des marges est majoritairement une priorité ». Et Empruntis d'ajouter que les banques augmenteraient « immédiatement » les taux d'intérêt en cas de remontée des taux longs.
Autre information importante : un banquier sur deux considère que le crédit immobilier n'est plus une priorité.
Le courtier a également sondé les particuliers. Sur un échantillon représentatif de 974 personnes, 57 % envisagent d'acheter dans l'année qui vient, 25 % y pensent mais ont peur de s'engager et 38 % considèrent que ce n'est pas une priorité.
Quant aux obstacles à l'accession à la propriété, ce sont le niveau élevé des prix et les difficultés pour un obtenir un financement qui sont les réponses les plus citées (à respectivement 74.2 % et 32.8 %).
Le niveau élevé des prix justement. « Même si le revenu disponible brut a continué à progresser », le rebond des prix observé dès 2009 a accentué l'écart entre prix et revenus. Une éclaircie toutefois : selon le site MeilleursAgents.com, les prix auraient reculé de 3 % dans la capitale en juillet et en août.
Si cette baisse se pérennisait, les conséquences en seraient largement bénéfiques pour l'emprunteur. Selon Empruntis.com, un recul des prix de 20 % « resolvabiliserait plus d'un tiers des acheteurs potentiels ».
En attendant, le coût du crédit continue lui d'augmenter. Il s'établit à 73 920 € en septembre 2011 (mensualité : 933 €), contre 59 760 € en octobre 2010 (+25 %). Le niveau actuel du coût du crédit reste toutefois inférieur de 30 % par rapport à octobre 2008.
Comme vu plus haut, la surface achetable continue de diminuer : de -5 % à -9 % depuis 2010. Cette tendance s'accroît à Paris pour s'étager entre 10 % et 15 % en un an. Selon Empruntis.com, « la situation aujourd'hui est aussi tendue qu'en 2008, au plus fort de la crise ».
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